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  Surveillance des porteurs de valve
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Aucune prothèse, quelle soit mécanique ou biologique, n'est parfaite à ce jour. La valve idéale devrait, en dehors de ses qualités de fiabilité, être inusable et ne pas nécessiter de traitement anticoagulant à vie.
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Chaque substitut a ses avantages et ses inconvénients :

La prothèse mécanique est définitive mais nécessite un traitement anticoagulant.
La valve biologique (hétérogreffe, bioprothèse stentless ou homogreffe) ne nécessite pas de traitement anticoagulant mais une réintervention pour dégénérescence (calcifications surtout) est toujours à envisager dans des délais variables.

Ainsi, la vie d'un porteur de prothèse peut être émaillée d'accidents plus ou moins graves mais qui justifie un suivi cardiologique permanent.

I. Complications thrombo-emboliques :


Le risque varie de 1 à 1,3% année-patients pour les prothèses mécaniques en position aortique et de 2,3 à 3% pour les prothèses en position mitrale. (Pour les bioprothèses, le taux varie entre 0,2 et 0,6% année-patient).
La thrombose de la prothèse peut se manifester par des embolies artérielles périphériques (accident vasculaire cérébral, embolie jambière,..), une syncope, un œdème pulmonaire ou de l'essoufflement.

Cette complication est d'autant plus fréquente que le traitement anticoagulant est mal équilibré (anticoagulation insuffisante).
Pour les prothèses mécaniques, cette complication peut être gravissime du fait soit de l'accident embolique, soit des complications hémodynamiques aiguës (ailette ou disque bloquée).

  Pour les prothèses biologiques, il s'agit toujours d'une dégradation progressive, avec un risque faible d'accident hémodynamique aigu.
II. Accidents hémorragiques :

Le risque est de 1,4%année-patients. Ils sont la rançon d'un traitement anticoagulant mal surveillé ou de la coexistence de lésions potentiellement hémorragiques (lésions digestives, de l'arbre urinaire ou dentaire…).
III. Désinsertion prothétique :

Elle est due à un lâchage de un ou plusieurs points de suture. Elle peut être immédiate (problème technique posé par la fragilité des tissus) ou tardive, faisant alors rechercher une endocardite. L'auscultation met en évidence un souffle d'insuffisance de la valve.
IV. Endocardite sur prothèse :

C'est une complication redoutable qui nécessite une prévention de tous les instants (soins dentaires surtout). Elle peut être à l'origine d'une désinsertion ou d'une obstruction par les bourgeons infectieux. Des embolies septiques (cerveau, rate, vertèbre,..) sont également possibles.

Le traitement curatif repose sur l'antibiothérapie et une réintervention s'impose car la stérilisation de la collerette de la prothèse est impossible à obtenir. Le risque de la réintervention chez un patient non contrôlé par le traitement médical est celui d'une désinsertion de la nouvelle prothèse.
Il faut donc insister sur la nécessité de la prévention, mais aussi sur celle de n'absorber des antibiotiques qu'une fois une germe identifié ( des antibiotiques absorbés " à l'aveugle " vont décapiter l'infection et rendre ultérieurement difficile l'identification du germe responsable ).
V. Anémie hémolytique :

La destruction de globules rouges au contact de la prothèse est le plus souvent non décelable. Dans le cas contraire, elle révèle souvent une désinsertion de la prothèse (fuite para-prothétique) ou la perforation d'une valvule de bioprothèse dont l'origine doit être précisée (infection ?).



Comment détecter un mauvais fonctionnement de la prothèse ?

Un opéré cardiaque est un patient qui doit être suivi régulièrement par son cardiologue.

Il faut :

Veiller à ce que les symptômes de la maladie initiale disparaissent. Toute réapparition de ces derniers (essoufflement, syncope,..) doivent amener à consulter.
Le médecin traitant réalise un examen clinique tous les mois.
Le cardiologue vérifie régulièrement le fonctionnement de la prothèse par l'auscultation et l'échocardiographie.
Vérifier la qualité de l'anticoagulation en cas de prothèse mécanique : un patient pas assez anticoagulé risque la thrombose (recherche d'un notion d'embolie même régressive, bruits de la valve) ; un patient trop anticoagulé risque des hémorragies, même minimes.
Prévenir les infections (soins dentaires réguliers, éradication de tous les foyers infectieux, traitement antibiotique adapté en cas de geste médical ou chirurgical).
 
 
 
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