A l'heure actuelle, les chirurgiens cardiaques sont capables
de traiter un grand nombre d'affections valvulaires mais avec
le temps, la population autrefois essentiellement constituée
par des patients présentant des affections rhumatismales
(séquelle d'un rhumatisme articulaire aiguë) a été
progressivement remplacée par un autre, celle des maladies
dégénératives (rétrécissement
aortique calcifié, insuffisance mitrale dégénérative, ).
I. Rappel anatomique :
Il semble indispensable, avant de décrire les différentes
affections de rappeler
quelques notions simples d'anatomie.
Le cur est un muscle creux d'environ 250 grammes chez
l'homme, situé dans le thorax entre les deux poumons.
Il peut être divisé en deux parties par une cloison
(le septum) : le cur droit et le cur gauche.
Le cur droit reçoit le
sang veineux provenant de la périphérie de l'organisme
par l'intermédiaire des deux veines caves pour l'envoyer
vers les poumons où ce sang sera enrichi en oxygène
et débarrassé du gaz carbonique.
Le cur gauche, quant à lui, reçoit ce sang
oxygéné provenant des poumons et le dirige activement
vers la périphérie du corps.
Chaque cur droit et gauche est
divisé en deux cavités : l'oreillette et le ventricule
par un orifice auriculo-ventriculaire. A gauche, cet orifice
est l'orifice mitral (entre oreillette gauche et ventricule
gauche) ; à droite, il s'agit de l'orifice tricuspide
(entre oreillette droite et ventricule droit).
Ainsi, entre les deux ventricules droit et gauche se situe le
septum inter ventriculaire et entre les deux oreillettes, le
septum inter auriculaire.
A la sortie de chaque ventricule, fait suite un conduit : l'artère
pulmonaire (à droite) et l'aorte (à gauche). Pour
éviter que le sang ne reflue vers les ventricules, des
valves (pulmonaire et aortique) assurent l'étanchéité
lors de la diastole (relâchement) de ces mêmes ventricules.
Les valves aortiques sont faites de
3 sigmoïdes qui viennent s'adosser en diastole pour occlure
l'orifice correspondant et s'effacent presque complètement
en systole.
La structure des valves auriculo-ventriculaires est beaucoup
plus complexe : sur un anneau fibreux s'insèrent des
feuillets (deux pour la mitrale, trois pour la tricuspide) reliés
par de multiples cordages à deux piliers, excroissances
musculaires nées de la paroi ventriculaire.
II. Maladies
valvulaires :
A
Affections
rhumatismales :
Le rhumatisme articulaire aigu (RAA) est une affection beaucoup
moins fréquente en France qu'il n'y a quelques dizaines
d'années, mais elle reste un fléau dans certaines
contrées comme l'Afrique. La maladie touche surtout de
jeunes enfants (surtout entre 5 et 15 ans) mais toutes les tranches
d'âge peuvent en être affectées. Il est dû
à une bactérie (le streptocoque béta-hémolytique).
La maladie débute le plus souvent par une angine dont
le traitement repose sur l'administration d'antibiotiques. Toutes
ces angines ne se compliquent par un RAA mais la possibilité
d'apparition d'une fièvre, de douleurs articulaires doit
faire redouter des complications cardiaques ultérieures.
L'atteinte cardiaque touche essentiellement les valves du cur
gauche et entraîne des insuffisances (les valves se rétractent)
ou des rétrécissements (les valves s'épaississent
et se fusionnent).
B
Endocardites
infectieuses :
Les infections sont également une cause importante d'atteinte
valvulaire. Dans la majorité des cas, l'origine de cette
infection reste inconnue. Cependant, les portes d'entrée
fréquemment rencontrées sont : dentaire (abcès
ou simple soin dentaire comme un détartrage), cutané
(panaris) ou digestive (polype colique par exemple).
C'est pour toutes ces raisons que la prévention des endocardites
doit être particulièrement attentive chez les patients
porteurs d'une affection valvulaire ou d'une prothèse
valvulaire (qu'il s'agisse d'une prothèse mécanique
ou d'une prothèse biologique). Ainsi, un traitement antibiotique
sera systématiquement administré avant des soins
dentaires (le dentiste doit bien évidemment être
au courant de la pathologie cardiaque de son patient).
Dans la plupart des cas, les infections du cur ou des
valves cardiaques peuvent être traitées par des
antibiotiques. Cependant, dans quelques cas, une ou plusieurs
valves peuvent être sévèrement endommagées
et nécessiter une intervention chirurgicale.
C
Maladies
dégénératives :
Ces maladies se manifestent essentiellement de deux façons
:
Le tissu valvulaire se distend
ou se rompt et une fuite de la valve se produit : c'est
le cas fréquent de l'insuffisance mitrale soit
par prolapsus ou par rupture de cordage.
Des calcifications viennent
infiltrer les valves et créent alors un barrage
: c'est le cas du rétrécissement valvulaire
aortique (obstacle direct à la sortie du sang entre
le ventricule gauche et l'aorte).
III.
Au Total
Les différentes maladies des valves peuvent ainsi se
résumer :
Les insuffisances valvulaires
(les plus fréquentes sont : les insuffisances aortiques
et les insuffisances mitrales)
Et les rétrécissements
valvulaires (dont la forme la plus fréquemment
rencontrée est le rétrécissement
aortique calcifié du sujet âgé).