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I. Un peu d'épidémiologie !

Peut-être rébarbatifs, ces chiffres doivent cependant permettre de prendre conscience des enjeux pour chacun d'entre nous.

Les maladies cardiovasculaires sont aujourd'hui la première cause de mortalité en France, à l'origine de près de 170 000 décès chaque année (32 % des décès).
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Elles constituent en outre la troisième cause de décès prématurés, après les tumeurs et les morts violentes. Avant 65 ans, 12 % des décès féminins et 16 % des décès masculins lui sont imputables, représentant environ 16 000 décès par an.

Les maladies cardio-vasculaires responsables d'une part importante de ces décès sont d'une part les cardiopathies ischémiques ( maladies liées à l'atteinte des artères coronaires), qui représentent la cause déclarée de 27 % des décès liés à l'appareil circulatoire (45 000 décès), d'autre part les maladies vasculaires cérébrales (25 %, 42 000 décès).

Les décès prématurés par cardiopathie ischémique sont surtout fréquents chez les hommes : 44 % des décès masculins liés à cette pathologie surviennent avant 65 ans, contre moins de 5 % des décès féminins.

A l'inverse, les décès par maladies cérébro vasculaires surviennent dans leur grande majorité au-delà de 65 ans, chez les hommes (87 %) comme chez les femmes (95 %)
Le nombre d'infarctus du myocarde est estimé entre 110 000 et 120 000 par an et celui des accidents vasculaires cérébraux à 130 000.

Il existe de grandes variabilités de mortalité selon les régions. La Bretagne, ainsi que les régions du nord et de l'est de la France connaissent une nette surmortalité par cardiopathies ischémiques.

Sur le plan de l'évolution, la mortalité par maladie cardio-vasculaire diminue fortement depuis le début des années 80. Cette baisse est surtout liée à la diminution des décès par maladies cérébro vasculaires (- 32 % entre 1982 et 1994) qui sont devenus moins fréquents que les décès par cardiopathies ischémiques (- 8 % sur la même période).

L'analyse des données de l'étude MONICA-France entre 1985 et 1993 met en évidence, dans la population âgée de 35 à 65 ans, une réduction annuelle moyenne de la mortalité par cardiopathie ischémique de 2 %, 6 % et 6 % respectivement dans les 3 régions françaises participant à ce projet : Communauté urbaine Lille, Bas-Rhin et Haute-Garonne.

Les coûts directs et indirects des cardiopathies ischémiques sont estimés pour l'année 1986 à environ 30 milliards de francs par an.
II. L'athérosclérose :

Maladie à l'origine des rétrécissements des artères, elle correspond à une sclérose de ces dernières par l'athérome (du grec athéré : bouillie ; surcharge en graisse de la paroi). C'est une maladie lente qui débute dés l'enfance et progresse au cours du temps.

Le dépôt de cholestérol dans la paroi artérielle déclenche des phénomènes complexes qui aboutissent à la formation des plaques qui réduisent progressivement le calibre de l'artère et peuvent provoquer un infarctus du myocarde. Des travaux récents seraient en faveur du rôle d'agents infectieux dans le développement de l'athérosclérose. Une bactérie du genre Chlamydia aurait ainsi été mise en évidence au sein de plaques d'athéromes. Cependant, il n'est pas encore prouvé que la bactérie soit effectivement responsable de l'apparition de la maladie.

L'athérosclérose est la cause essentielle des affections cardio-vasculaires. Maladie générale de toutes les artères, elle siége en particulier au niveau des artères coronaires, des artères du cou et des membres inférieurs.

Elle provoque leur durcissement et leur épaississement, une perte d'élasticité avec dépôt de substances lipidiques et calcaires et rétrécissement voire occlusion. Elle est fréquente chez l'homme à partir de 30 ans et chez la femme à partir de 40 ans.

Artère saine Artère avec athérosclérose Un caillot obstrue l'artère
Comme dans toutes les artères, la face interne des coronaires est tapissée par une fine membrane : l'endothélium. Des dépôts de graisses (athérosclérose) et de calcium (artériosclérose) s'accumulent et diminuent le calibre des vaisseaux. Un caillot mobile peut venir obstruer la circulation locale. Le caillot peut aussi se former sur place car la paroi abîmée présente des rugosités qui favorisent la coagulation.

Les principaux responsables sont l'hypertension qui abîme les vaisseaux, le cholestérol qui se glisse dans leur paroi et le tabagisme.
III. Facteurs de risque cardio-vasculaire :

Les causes exactes de l'athérosclérose sont incomplètement connues. Cependant, on connaît à l'heure actuelle plusieurs facteurs favorisants la maladie mais ces facteurs ne semblent pas déclencher la maladie par eux-mêmes.

Les facteurs favorisants les plus connus sont :

Les troubles des lipides par principalement une augmentation des taux de cholestérol (LDL ou " mauvais cholestérol ") ou des triglycérides dans le sang.
  Le diabète insulinodépendant (carence en insuline) ou non insulinodépendant (souvent associé à une obésité chez le sujet adulte).
L'hypertension artérielle est un facteur très important.
  L'obésité.
  Le tabagisme actif ou passif : la mortalité cardiovasculaire augmente de 18% pour l'homme et de 31% pour la femme qui fume 10 cigarettes par jour, par rapport à des sujets non fumeurs. Le tabac est aussi une cause importante de cancers.
  L'hérédité familiale (antécédents familiaux d'angine de poitrine, d'infarctus ou de mort subite) : parfois retrouvée seule, elle suppose des facteurs génétiques dans l'origine de l'athérosclérose.
  La sédentarité : l'activité physique agit comme " anti-facteur de risques ".
La prévention de l'athérosclérose repose donc
sur le contrôle de ces facteurs de risque.

Ceci explique par ailleurs la raison pour laquelle un patient ayant bénéficié de pontages aorto-coronaires devra néanmoins garder un traitement " anti-athérome " ou " anti-facteurs de risque " après l'intervention. Ce traitement aura pour but d'éviter une progression de la maladie (sur les artères coronaires, sur les pontages, ou sur les autres artères de l'organisme) ou du moins une stabilisation des lésions.
 
     
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